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Beaucoup de mes peintures représentent des forêts, des mers ou des montagnes, mais leur véritable sujet est l’espace. Le spectateur est invité à entrer dans cet espace plutôt qu’à simplement l’observer. La palette restreinte, combinée à un réseau dense de lignes et parfois de griffures, crée une image qui laisse souvent place à plusieurs interprétations.

Dans mes travaux récents, j’utilise des panneaux verticaux. Ce format fait écho à certaines traditions de la peinture d’Asie de l’Est, où la verticalité sert souvent à suggérer une ouverture et une profondeur spatiales. Placés côte à côte, plusieurs panneaux créent un champ visuel plus large dans lequel le regard peut circuler librement. Là encore, l’objectif n’est pas de produire une illusion parfaite de l’espace, mais d’inviter le spectateur à faire l’expérience du champ spatial du tableau.

J’espère que ces peintures invitent le spectateur à ralentir et à regarder autrement. Dans un monde saturé d’images et d’informations, un tableau peut offrir un moment où l’on retrouve une expérience directe de la réalité à travers les sens. La place croissante de l’intelligence artificielle risque aussi de distendre le lien entre l’homme et une certaine expérience du réel — au point, comme le suggérait le philosophe Günther Anders, de faire sentir l’homme « obsolescent ». Face à ce risque bien réel, l’art reste l’un des espaces où l’être humain peut encore faire l’expérience du monde par lui-même, à travers sa propre perception.

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